L’écran devint noir pendant deux secondes.
Puis le visage de Sarah Miller apparut.
William Harrison resta debout devant son bureau, incapable de s’asseoir.
À quelques mètres de lui, Ethan serrait toujours les bretelles de son vieux sac à dos.
Claire, son assistante, avait cessé de respirer normalement.
Même les agents de sécurité, pourtant entraînés à ne rien laisser paraître, regardaient l’écran avec une attention tendue.
La vidéo avait été enregistrée onze ans plus tôt.
Sarah semblait plus jeune, mais William la reconnut immédiatement.
Elle avait travaillé trois ans au département conformité de Harrison Industries.
William se souvenait vaguement d’une employée brillante, discrète, qui posait des questions que certains cadres trouvaient inconfortables.
Puis, du jour au lendemain, son nom avait disparu des réunions, des rapports et des listes internes.
À l’époque, on lui avait expliqué qu’elle avait démissionné pour raisons personnelles.
Sur la vidéo, Sarah regardait directement la caméra.
« William, si vous voyez ceci, c’est que je n’ai pas réussi à vous parler moi-même.
»
William sentit sa mâchoire se contracter.
Sarah poursuit.
« Quelqu’un détourne de l’argent à travers trois filiales de Harrison Industries.
J’ai trouvé les comptes, les contrats falsifiés et les signatures copiées.
La personne qui dirige le système est Richard Vale.
»
Claire porta une main à sa bouche.
Richard Vale.
Vice-président exécutif.
Membre du comité de direction depuis quinze ans.
L’homme aperçu sur les caméras, vêtu d’une veste grise, qui avait manipulé la tasse de café de William quelques minutes plus tôt.
Sarah se pencha légèrement vers la caméra.
« Mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle j’enregistre cette vidéo.
Richard sait que j’ai découvert quelque chose de plus personnel.
Quelque chose qu’il pense pouvoir utiliser contre vous et contre moi.
»
Elle inspira.
« Je suis enceinte.
Et l’enfant est de vous.
»
William ferma les yeux.
Un bruit léger lui fit tourner la tête.
Ethan venait de lâcher une bretelle de son sac.
Le garçon regardait William avec une expression différente maintenant.
Pas de joie.
Pas même de surprise complète.
Seulement la peur de comprendre trop vite ce que les adultes autour de lui venaient de comprendre.
William s’accroupit devant lui.
« Ethan… est-ce que ta mère t’a déjà parlé de ton père ? »
Le garçon hocha lentement la tête.
« Elle disait qu’il ne savait pas que j’existais.
»
William sentit quelque chose se briser en lui.
« Elle t’a donné mon nom ? »
« Non.
»
Ethan baissa les yeux.
« Elle disait que si elle me donnait votre nom, je pourrais venir vous chercher.
Elle avait peur que quelqu’un nous trouve avant qu’elle puisse vous expliquer.
»
William regarda de nouveau l’écran.
La vidéo continuait.
Sarah racontait qu’elle avait tenté de remettre personnellement son dossier à William.
Trois rendez-vous avaient été annulés par son bureau.
Deux courriers recommandés avaient été interceptés.
Un test de paternité préliminaire, réalisé après la naissance d’Ethan à partir d’un échantillon médical obtenu légalement lors d’un bilan de William, avait été envoyé au siège.
Le résultat indiquait une probabilité de paternité supérieure à 99,9 %.
William fixe Claire.
« Qui contrôlait mon courrier personnel à cette époque ? »
Claire tapa rapidement sur sa tablette.
Elle n’avait rejoint son équipe que six ans plus tôt, mais les archives internes étaient accessibles.
Quelques
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