secondes plus tard, son visage se durcit.
« Le bureau exécutif dépendait de Richard Vale.
Il supervisait temporairement votre cabinet après le départ de votre ancien directeur administratif.
»
William se releva.
Onze ans.
Onze années pendant lesquelles un enfant avait grandi à moins de cinquante kilomètres de lui.
Onze anniversaires qu’il n’avait pas connus.
Onze hivers, onze rentrées scolaires, onze années pendant lesquelles Sarah avait porté seule un secret qu’un homme avait choisi d’enterrer.
Pour la première fois depuis le début de la crise, William sembla perdre son calme.
Il posa les deux mains sur son bureau.
« Où est Richard ? »
Le directeur de la sécurité répondit immédiatement.
« Intercepté au niveau moins deux.
Il est retenu dans une salle de sécurité.
Il demande son avocat et affirme qu’il n’a rien mis dans votre café.
»
« Et le laboratoire ? »
« Le test préliminaire a détecté un sédatif puissant.
Pas une dose immédiatement mortelle selon l’analyse initiale, mais assez pour provoquer une perte de conscience, surtout combinée à certains médicaments.
»
William fronça les sourcils.
« Il connaissait mon traitement ? »
Claire répondit avant le directeur.
« Richard siège au comité qui gère l’assurance santé des cadres.
Il aurait pu connaître certaines informations confidentielles.
»
Cette précision changea tout.
Il ne s’agissait plus d’une mauvaise plaisanterie, ni d’un simple sabotage destiné à provoquer une scène embarrassante.
Quelqu’un avait étudié la santé de William.
Quelqu’un avait choisi une substance en fonction de cette information.
Et ce quelqu’un était lié au dossier de Sarah.
William demanda que la police soit appelée immédiatement et que tous les accès numériques de Richard Vale soient suspendus.
Puis il se tourna vers Ethan.
« Ta mère est dans quel hôpital ? »
Le garçon donna le nom d’un établissement au sud de Seattle.
« Pourquoi est-elle hospitalisée ? »
Ethan hésita.
« Elle est tombée chez nous.
Elle avait des vertiges depuis plusieurs jours.
Elle disait que c’était le stress.
»
« Et Richard l’avait appelée avant ? »
« Oui.
»
« Tu as entendu la conversation ? »
Ethan hocha la tête.
« Un peu.
Il lui a dit qu’elle aurait dû détruire les copies.
Ma mère lui a répondu qu’elle avait gardé assez de preuves pour que vous sachiez tout.
»
William sentit le regard de Claire sur lui.
« Après l’appel, elle a préparé l’enveloppe », poursuivit Ethan.
« Elle m’a dit que si elle ne rentrait pas de l’hôpital, je devais trouver William Harrison.
»
Le garçon marqua une pause.
« Je ne savais pas que c’était vous jusqu’à ce matin.
J’ai vu votre photo dans le hall.
»
Il expliqua alors pourquoi il avait suivi Richard.
Il était venu à Harrison Tower accompagné d’une voisine de sa mère, qui devait remettre un sac d’affaires personnelles à un employé travaillant dans le bâtiment voisin.
Ethan avait aperçu Richard près de l’entrée de service.
Il l’avait reconnu immédiatement.
Quelques semaines auparavant, sa mère lui avait montré une vieille photo et lui avait dit : « Si cet homme vient un jour près de toi, tu t’éloignes et tu m’appelles.
»
Mais ce matin-là, Ethan n’avait pas fui.
Il avait suivi Richard.
Il l’avait vu enfiler une veste de livraison laissée sur un chariot.
Il l’avait vu
LA SUITE DANS LA PAGE SUIVANTE