Ce qu’une pelleteuse a redressé, une autre peut le rendre à ses courbes. Et la vie revient.
L’histoire du Drugeon, dans le Doubs, résume tout. Entre 1950 et 1970, on a rectifié la rivière sur la totalité de son cours, la raccourcissant de plus de quarante-deux à moins de trente-cinq kilomètres. Le résultat a été brutal : les études estiment que cette chenalisation a fait chuter d’environ quatre-vingts pour cent la biomasse de poissons. Une rivière vidée de sa vie.
Puis, à partir des années 1990, on a fait le chemin inverse. On a comblé l’ancien lit rectiligne et reconnecté les méandres oubliés. Les effets se mesurent. Sur le Drugeon amont et moyen, la nappe d’accompagnement est remontée de soixante-dix à quatre-vingts centimètres. L’eau, de nouveau ralentie par les courbes, réimprègne les terres autour.
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