Une haie n’est pas qu’un décor de campagne. C’est une pièce d’infrastructure hydraulique. Mais soyons précis sur ce qu’elle fait, et sur ce qu’on ne sait pas encore mesurer.
Ce qui est bien établi d’abord. Une haie, avec son talus et ses racines, ralentit l’eau qui ruisselle sur une parcelle en pente. Elle freine l’érosion, retient la terre, et régule le régime de l’eau à l’échelle du paysage. L’Office français de la biodiversité classe ces fonctions parmi les services majeurs du bocage. La haie et la bande enherbée jouent aussi un rôle de filtre : elles interceptent une partie des nitrates et des intrants avant qu’ils n’atteignent le cours d’eau.
Ce qui reste plus incertain ensuite, et il faut le dire honnêtement. L’effet du bocage sur le ralentissement du ruissellement de surface est documenté. En revanche, son effet précis sur la recharge des nappes profondes est plus difficile à isoler, car beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu et les échelles de temps sont longues. Affirmer qu’une haie recharge à elle seule une nappe profonde va au-delà de ce que la science établit clairement à court terme.
Enfin, la haie cumule d’autres bénéfices solides : elle abrite la biodiversité, stocke du carbone dans son bois, coupe le vent et abrite le bétail.
Une haie ralentit l’eau, c’est sûr. Le reste se mesure encore.
LA SUITE DANS LA PAGE SUIVANTE