discrète avec William à cette époque.
Une relation brève, terminée avant qu’elle n’apprenne sa grossesse.
Richard avait alors vu une opportunité.
S’il réussissait à convaincre Sarah que William refusait de la voir, il pouvait l’isoler.
S’il interceptait les preuves de la grossesse et du dossier financier, il pouvait empêcher William de découvrir la fraude.
Pendant onze ans, le plan avait fonctionné.
Jusqu’à ce que Sarah apprenne récemment que Richard préparait la vente de plusieurs actifs de Harrison Industries liés aux sociétés écrans d’origine.
Elle avait compris qu’il cherchait à effacer les dernières traces.
Elle lui avait envoyé un message : « J’ai encore les copies.
Cette fois, William saura tout.
»
Trois jours plus tard, elle était hospitalisée après un malaise.
Les médecins ne trouvèrent aucune preuve immédiate qu’elle avait été empoisonnée, et William refusa de tirer une conclusion sans éléments médicaux solides.
Mais les enquêteurs traitèrent désormais l’incident avec beaucoup plus d’attention.
Pendant ce temps, Richard commença à paniquer.
Depuis la salle où il était retenu, il nia d’abord avoir touché au café.
Puis les caméras furent présentées.
Il affirma qu’il avait seulement ajouté un complément alimentaire.
Les analyses démontrèrent qu’il s’agissait d’un mensonge.
Il prétendit ensuite qu’il voulait aider William à dormir avant un vol international prévu dans l’après-midi.
Son avocat lui conseilla de se taire.
Mais Richard continua.
Chaque explication en contredisait une autre.
Le coup décisif vint d’un employé du service de restauration.
Un homme nommé Miguel reconnut que Richard lui avait demandé d’échanger son badge temporairement, prétextant vouloir faire une surprise au PDG pour son anniversaire professionnel.
Miguel avait trouvé la demande étrange et avait refusé.
Quelques minutes plus tard, son badge avait disparu de son casier.
La vidéosurveillance montra Richard entrant dans la zone de service avec ce badge.
Une fouille de son bureau permit ensuite de retrouver la veste utilisée pour se déguiser et un flacon identique à celui décrit par Ethan.
Les empreintes de Richard étaient dessus.
Le conseil d’administration de Harrison Industries se réunit en urgence le soir même.
William n’eut pas besoin de faire un long discours.
Les administrateurs avaient devant eux les vidéos, les analyses du café, les documents financiers et les premières conclusions de la police.
Richard Vale fut suspendu immédiatement de toutes ses fonctions.
Ses accès furent révoqués, ses options gelées dans la mesure permise par les contrats et les autorités compétentes furent informées des irrégularités financières.
Deux autres cadres furent placés en congé administratif pendant l’enquête.
Mais pour William, aucune décision d’entreprise n’était comparable au résultat arrivé deux jours plus tard.
Il se trouvait dans la chambre d’hôpital de Sarah lorsque le laboratoire indépendant appela.
La paternité biologique d’Ethan était confirmée avec une probabilité supérieure à 99,99 %.
William ne parla pas tout de suite.
Ethan, assis près de la fenêtre, jouait avec la fermeture éclair de son sac.
« Alors ? » demanda-t-il enfin.
William s’approcha.
Il aurait pu prononcer une grande phrase.
Il aurait pu promettre une maison, de l’argent, des écoles, tout ce que sa fortune permettait.
Il choisit quelque chose de plus simple.
« Alors j’ai raté onze ans que je ne pourrai jamais récupérer.
»
Il s’assit en face de lui.
« Mais si tu me laisses une chance, j’aimerais être là pour les prochaines.
»
Ethan le regarda longtemps.
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